Cet été, entre deux 8/20 récoltés dans ma charmante prépa d'été sur laquelle je m'étendrai une autre fois, je découvre les différents programmes proposés par la télévision. Et j'avoue que deux en particulier manquaient cruellement à ma culture générale. Maintenant, c'est chose faite, mon patrimoine intellectuel s'est considérablement enrichi grâce à La Petite Maison dans la prairie et Secret Story. Que je vous narre la chose...
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___La Petite Maison dans la prairie___
Situation initiale : tout se passe dans une salle de classe, où le niveau doit vraiment être pitoyable puisque les garçons de 20 ans suivent les même cours que les mioches de 7 ans. Bref, inutile de dire qu'ils vont tous finir dans des champs à traire des vaches et couper du bois, on se demande pourquoi ils s'emmerdent à apprendre les fractions.
Là, élément perturbateur : la maîtresse se fait virer. Elle en a les larmes aux yeux et une espèce de bûcheron mit chemise à carreaux vient la consoler. Il s'agit de Charles Ingalls, évidemment, c'est toujours lui qui console tout le monde parce qu'il est gentil. Bref, la maîtresse lui montre un bout de papier crabouillé ["c'est une carte que les enfants m'ont faite à noël"] et là, ils pleurent tous les deux à chaudes larmes.
Ensuite, péripétie number one : la maîtresse fait ses adieux à un petit goret rose vêtu d'un sac en toile de jute d'où dépassent deux tresses, j'ai nommée Laura Ingalls, fille du Charlie du même nom, donc forcément gentille. Bref, ça pleurniche encore un peu, avec force "le nouveau maître pourra jamais être aussi bien que vooouuus", "Oh, Laura, tu es si adooorable !". Sneuf, sneuf, sneuf
Puis, péripétie number two : le nouveau maître arrive. Petit Porc lui fait un grand sourire total demeuré auquel il ne répond pas. Il faut donc en conclure que le nouveau maître est méchant. Evidemment, Gorette à Tresse se fait punir injustement et rentre à la nuit tombée chez elle parce qu'elle n'avait pas fini sa punition. Puis, Porcassou est de nouveau punie injustement, re-punie re-injustement, encore punie encore injustement, toujours punie, toujours etc. Et là, on comprend que Laura Ingalls est une sainte, parce qu'elle passe sa vie à faire des punitions pour des crimes qu'elle n'a pas commis, et quand elle a fini, elle révise son orthographe.
And the last péripétie : Charlie le bûcheron surprend le vilain maître qui veut punir sa Gorette chérie. Là, il se fâche tout rouge et POUM ! il le prend par le col, CRAC ! il lui casse sa badine, VLOUF ! il le jette au sol. Scène d'une violence insoutenable, censurée.
Elément de résolution : Charlie fait appel à la maîtresse du début pour qu'elle revienne. Elle pleure à chaudes larmes, et on commence à être habitués. Elle accepte, Charlie et elle pleurent encore ensemble.
Situation finale : la maîtresse parle des abeilles, qui sont nos amis, Gorette à tresse fait des fractions, Charlie coupe du bois, et tout le monde est très heureux.
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___Secret Story___
J'ai récemment découvert Secret Story, ou la vie de 15 crétins enfermés dans une maison au design plus que douteux, les lavabos ressemblant à des tabourets, les tabourets à des suppositoires, la cuisine à une maison de télétoobies. Les 15 susmentionnés n'ont rien à faire de leur vie si ce n'est coucher les uns avec les autres, bouffer, se prélasser, accomplir des missions ridiculissimes (« Tu vas redonner le goût de vivre à Isabelle ») et... créer des embrouilles à qui mieux mieux. Bref, on a droit à des démonstrations assez énormes d'hypocrisie patentée, et à quelques synapses en mauvais état (« Qui a dit qu'on n'était pas sérieux quand on a 17 ans ? » « Ben, Claude François ! »). De plus, la production s'est arrangé pour qu'aucun individu un tant soit peu normal ne prenne place dans la maison. Entre le mec qui utiliste un fer à lisser et ne supporte pas qu'on lui donne des ordres parce que ça lui donne envie de faire tout le contraire, la fille qui trouve que c'est normal d'être superficielle et n'a jamais fait la cuisine de sa vie, ou encore le type qui va cacher de la bouffe sous son lit parce que Secret Story, on dirait pas comme ça, mais ça prend parfois des allures de Koh-Lanta, personne, je dis bien PERSONNE dans cette baraque n'a le gène de la normalité.
C'est nul mais on regarde quand même, grand paradoxe de l'humanité téléphage qui a déjà permis à nombre d'émissions d'avoir un succès fou sur le petit écran...pour pas grand-chose.
[Dessin de Blachon, Les malmenés]